Rousseau sur scène

Représenter Rousseau au théâtre pendant la Révolution : Jean-Jacques Rousseau à ses derniers moments de Jean-Nicolas Bouilly

Actualisé le jeudi 7 juillet 2011

par Noémie Jouhaud - réalisé dans le cadre du séminaire de Pierre Frantz "Théâtre et politique au XVIIIe siècle" - 2010-2011

 

Dès les années 1780-1790, soit peu de temps après leur mort, les philosophes des Lumières tiennent une place privilégiée dans un certain nombre de représentations théâtrales qui tentent de remplacer les modèles de l’Antiquité par ceux de l’héroïsme national. Ainsi, Mercier diffuse l’idéal d’un "théâtre patriotique qui devrait être une sorte de tribune aux harangues, où le dramaturge tel un autre Démosthène débattrait des affaires de la cité".

La figure de Rousseau bénéficie d’une aura particulière au cours de ce tournant théâtral : le nombre de pièces qui lui sont consacrées est plus élevé que celles concernant les autres philosophes. Ceci peut s’expliquer par l’étendue du culte qui lui est voué depuis sa mort et qui prend toutes sortes de formes, mettant tantôt l’accent sur l’homme sentimental, tantôt sur l’homme philosophe. Les idées politiques de Rousseau sont en effet remises au goût du jour et réinterprétées par rapport à la Révolution française. Apparaissant comme un des pères fondateurs du mouvement révolutionnaire, Rousseau devient héros sur scène. Ainsi, Rousseau à ses derniers moments de Jean-Nicolas Bouilly ouvre ce cycle des représentations vivantes de Rousseau au théâtre. Elle peint, à la mode de l’époque, un portrait et une apothéose du genevois à partir du cadre privé de l’homme de lettres. A cette dimension sentimentale, s’articule une dimension politique, ce qui permet de satisfaire un public plus large. Cette pièce constitue de ce fait un observatoire idéal des enjeux propres à la représentation théâtrale de Rousseau. 

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