Port-Royal et la Vulgate

Une entreprise de traduction novatrice

Actualisé le mardi 3 mai 2011

Par Audrey Legoupil - réalisé dans la cadre du cours de littérature néo-latine d’Isabelle Pantin - 2010-2011

 

Jusqu’au XVIIe siècle, et même au-delà, l’accès au texte de la Bible se fait majoritairement en latin, par la lecture de la Vulgate. Aucune traduction en langue vernaculaire ne parvient en effet à s’imposer en France, notamment en raison de la méfiance générée par la controverse protestante. A partir de 1657, un petit cercle d’érudits issus du milieu janséniste, parmi lesquels Lemaître de Sacy, Pascal, Racine, Pierre Nicole et Antoine Arnauld, entreprennent un travail philologique considérable, contournent les restrictions pontificales et publient une version française du Nouveau Testament qui rencontre un succès exceptionnel pour l’époque : près de cinq milles exemplaires sont vendus en six mois. Connue aujourd’hui sous les noms de "Bible de Sacy", "Bible de Mons" ou encore "Bible de Port-Royal", c’est cette traduction qu’ont lue tous les grands écrivains français, de Voltaire à Flaubert, en passant par Rimbaud. 

L’objet de cet article est, d’une part, de retracer l’histoire de cet ouvrage fondateur, mais également de montrer en quoi les convictions jansénistes des traducteurs se laissent percevoir dans leurs choix éditoriaux.