Rome et Du Bellay

Rome dans le Songe de Du Bellay

Actualisé le lundi 4 juillet 2011

par Phirum Gaillard - réalisé dans le cadre du séminaire de Michel Magnien "L’image littéraire de Rome à la Renaissance" - 2010-2011

De l’enchantement de Pétrarque au scepticisme de Du Bellay, l’image de Rome varie sensiblement dans la littérature du 16ème siècle. Historiquement, la ville, redevenue cité des papes avec le retour d’Urbain X en 1378, se transforme sous une ambitieuse politique de rénovation urbaine de 1450 à 1600, en se nourrissant des découvertes archéologiques qui jalonnent ses travaux. Cette restauration politique et monumentale ne tarde pas à susciter la défiance de plusieurs. Du Bellay séjourne de 1553 à 1557 à Rome, au service de son cousin le cardinal Jean du Bellay. Il y compose simultanément les Antiquités et le Songe, les Regrets, les Poemata et Divers jeux rustiques, quatre recueils publiés à son retour à Paris en 1558. Les quinze sonnets du Songe évoquent une série de visions s’imposant au poète endormi près des eaux du Tibre. Ils sont une variation originale de la poétique des ruines et forment l’envers des Antiquités en abordant, non pas un après mélancolique ou désabusé de la ruine, mais un avant de sa splendeur ou de sa félicité. Plus précisément, ils se concentrent systématiquement sur la venue foudroyante d’un désastre, au cœur d’un élan. Sous un jeu de symboles qui sont autant de facettes de Rome, transparait un discours politico-religieux. Mais au-delà de celui-ci, la peinture animée, inspirée de Rome, invite à une méditation plus large sur la brièveté de toute vie humaine.

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