Rome et Montaigne

Rome dans Les Essais de Montaigne : le transitoire et la transition

Actualisé le dimanche 25 septembre 2011

par Alicia Viaud – réalisé dans le cadre du séminaire de M. Michel Magnien « L’image littéraire de Rome à la Renaissance » - 2010-2011

Qu’est-ce que Rome aux yeux de Montaigne ? Une ville certainement, cœur de l’Empire romain devenue capitale de la chrétienté. Mais la Rome des Essais est avant tout un édifice fait de savoirs, d’imaginaire et de mots, une cité intériorisée avec laquelle Montaigne entretient une véritable familiarité. Cette proximité avec l’Vrbs antique, commune aux hommes de la Renaissance, est à la fois une victoire sur le temps, et la source d’une « conscience dramatique de l’éphémère ». Rome, encore bien vivante, est d’abord au centre d’une attention soutenue, au même titre que les textes des Anciens font l’objet d’une réappropriation enthousiaste. Cependant, le doute s’installe progressivement, tant au sujet de la renovatio letterarum que du prestige de la Rome moderne, et s’impose peu à peu l’image d’une ville décadente bien éloignée de l’idéal de splendeur qu’avaient conçu les premiers humanistes. Ainsi Rome, parce qu’elle incarne une double réalité antique et actuelle dont l’adéquation est problématique, cristallise une « double expérience du transitoire et de la transition », d’après la formule de G. Nakam. Il s’agira pour nous de comprendre comment la Rome des Essais peut être l’expression de cette approche tissée de contradictions.

 
 

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