Les limites de l’histoire littéraire

Actualisé le jeudi 19 mai 2011

Par Sarah Mouline - réalisé dans le cadre du séminaire "Transitions" d’Hélène Merlin-Kajman - 2010-2011

Pourquoi s’occuper de littérature morte ? 

C’est ce que se demande Asja Lacis lors de son entretien avec Walter Benjamin, alors que ce dernier travaille sur la tragédie baroque allemande du XVIIe siècle. Cette question, bien que sa formulation soit lapidaire, peut nous être familière. Parler d’une littérature morte impliquerait qu’il y ait une littérature vivante. La littérature morte serait-elle celle du passé ? Mais à partir de quand peut-on parler de passé ? Une oeuvre vivante serait une oeuvre qui vit encore aujourd’hui, une oeuvre dont on parle, une oeuvre que l’on consulte, à laquelle on se réfère. Pour qu’une oeuvre soit qualifiée de "vivante", la date de sa création importerait moins que sa présence parmi nous. Il s’agirait alors de ces discours qui sont eux-mêmes à l’origine d’autres discours, de ces discours qui, selon Michel Foucault "indéfiniment, par-delà leur formulation, sont dits, restent dits, et sont encore à dire". La littérature morte ne serait donc pas nécessairement celle des siècles passés, mais celle qui ne fait pas parler, celle qu’on ne fait plus parler, celle qu’il n’est plus commentée. Il ne tiendrait alors qu’à nous, vivants, de la tirer du silence, de s’en occuper. 

 

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